La chirurgie bariatrique est un traitement efficace, si ce n’est le meilleur, de l’obésité très sévère et massive. Elle permet de perdre jusqu’à 50 kg en un an et jusqu’à 40% du poids initial à long terme. Elle réduit immédiatement et significativement les pathologies associées comme le diabète, l’hypertension ou les risques cardiovasculaires. Enfin elle améliore la qualité de vie en augmentant les possibilités d’activité physique, les relations sociales, l’estime de soi et la sexualité.

Un parcours exigeant…

Mais, attention! L’approche chirurgicale n’est pas suffisante à elle seule pour garantir et préserver la perte de poids à long terme. Elle ne sera efficace que si elle s’accompagne d’une préparation et, surtout, d’un suivi sérieux. Il faudra revenir aux fondamentaux de l’hygiène de vie: activité physique régulière et appropriée, stabilisation des habitudes alimentaires et soutien psychologique afin de maintenir le moral et éviter le retour des comportements toxiques initiaux.

  • Préparation
  • Interventions
  • Suivi et soutien

… et semé d’embûches!

Toute chirurgie comporte sa part de risques. Les risques associés à une procédure bariatrique dépendent de sa nature et de celle du patient — poids, âge, antécédents médicaux et problèmes liés, tels qu’une maladie coronarienne, un diabète ou encore la prise de certains médicaments. Quoiqu’il en soit, l’équipe chirurgicale se charge d’informer le patient sur tous ces risques.

Ainsi, des difficultés peuvent subvenir au quotidien et ce, plusieurs mois après l’opération. Par exemple:

  • Des complications postopératoires telles que le glissement d’un anneau gastrique ou la fuite d’une suture stomacale ou intestinale nécessitant une nouvelle intervention.
  • Des carences nutritionnelles qui doivent être compensées par une meilleure variété et/ou des suppléments de vitamines, minéraux et oligoéléments.
  • Une enveloppe corporelle modifiée pouvant nécessiter des interventions de chirurgie plastique ainsi qu’un ajustement de la perception de soi et de la relation aux autres.

Un « pensez-y bien »

Enfin, il ne faut pas se cacher que le risque de mortalité associée à la chirurgie bariatrique, bien que très faible, n’est pas nul. Évalué à environ 1 % des cas, il est moitié moins élevé que celui des pontages coronariens, mais deux fois plus important que pour l’ablation de la vésicule biliaire. Bref, c’est un « pensez-y bien ».

Facteurs de réussite

La bonne nouvelle, c’est que le succès est souvent au rendez-vous. Ainsi, il est important de noter les « facteurs de réussite » observés chez les personnes perdant beaucoup de poids et bénéficiant d’une meilleure santé à la suite d’une chirurgie bariatrique:

  1. Éducation
    Elles se sont renseignés sur les risques, les exigences et les bienfaits propres à chaque type d’intervention.
  2. Soutien
    Elles s’entourent d’un réseau de personnes désireuses de les voir réussir.
  3. Participation
    Elles commencent le plus tôt possible, avant la chirurgie, à adopter de nouvelles habitudes en ce qui a trait à l’alimentation et à l’exercice.
  4. Guérison
    Elles donnent à leur corps le temps de récupérer en respectant le plan préparé par l’équipe de professionnels de la santé.
  5. Nutrition
    Elles repensent complètement leur façon de boire et de manger, privilégiant les petites portions et les aliments sains.
  6. Exercice
    Elles ne pourraient pas atteindre leurs objectifs sans faire d’exercice.
  7. Écoute
    Elles écoutent leur corps et sont à l’affût des signaux qu’il leur envoie.
  8. Suivi
    Elles rencontrent leur équipe de professionnels de la santé et bénéficient ainsi d’un suivi adéquat.

1 Plus de détails sur le site du Centre de chirurgie de Montréal.
2 Source: Chirurgie de l’obésité: Ce qu’il faut savoir avant de se décider, Haute autorité de santé, France, 2009 (PDF, 480 Ko).
3 Source: Chirurgie bariatrique – Comment choisir la procédure la mieux adaptée à vos besoins (PDF, 10,4 Mo), Ethicon Endo-Surgery, recommandé sur le site du Centre de chirurgie bariatrique de Montréal.

La chirurgie bariatrique est une technique d’intervention lourde et de dernier recours qui n’est offerte qu’à des personnes réunissant trois critères:

  • Souffrir soit d’obésité massive (IMC supérieur à 40 kg/m2), soit d’obésité sévère (IMC supérieur à 35 kg/m2) associée à des complications justifiant la chirurgie.
  • Avoir tenté de perdre du poids par les méthodes classiques sans que cela n’améliore leur condition de façon satisfaisante.
  • Avoir un état de santé permettant de supporter la chirurgie et, notamment, l’anesthésie générale.

Si vous pensez répondre à ces critères et avoir besoin d’une aide urgente, veuillez nous contacter.

Les patients opérés grâce au soutien logistique et financier mis en place par la Fondation Ronald-Denis doivent passer ou sont déjà passés par la phase préparatoire en vigueur au Centre de chirurgie bariatrique (CCBM) de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. Le processus complet peut prendre quelques mois. Il faut être motivé… et patient.

Un bilan complet et des traitements appropriés

La phase préparatoire a pour objectif de réaliser un bilan complet de l’état d’obésité et, le cas échéant, de mettre en place l’environnement et les conditions nécessaires à la réussite de l’opération. Celle-ci nécessite un véritable engagement du patient. Il est donc pris en charge par une équipe multidisciplinaire de professionnels de la santé — chirurgien, bien sûr, mais aussi médecin nutritionniste,  psychiatre ou psychologue, anesthésiste, etc.) afin d’être préparé et informé sur tous les aspects de l’opération.

Des examens médicaux (prises de sang, endoscopies, radiographies, tests des fonctions cardiaque et respiratoire, évaluation bucco-dentaire, voire test de grossesse chez les femmes) permettent de dépister et traiter d’éventuelles carences nutritionnelles ou vitaminiques ainsi que toute pathologie associée à l’obésité — diabète, hypertension, cholestérol, troubles cardiaques, apnée du sommeil, troubles respiratoires, etc.

Nutrition, exercice et psychothérapie

Plusieurs consultations nutritionnelles ont pour objectif d’évaluer l’activité physique et les habitudes alimentaires et d’améliorer, si nécessaire, l’hygiène de vie du patient avant l’opération. Un protocole d’alimentation visant la perte de poids (5 à 10%) et la diminution de la taille du foie est mis en place afin de limiter les risques de complications liées à la chirurgie. On en profite pour identifier une activité physique compatible avec son état de santé, ses envies, son rythme de vie et ses possibilités physiques. Enfin, s’il y a lieu, le bilan psychologique débouche sur une prise en charge psychothérapeutique.

Au terme de ce processus, assortie de rencontres avec des patients ayant déjà subi l’opération et de la mobilisation de ressources adéquates au niveau communautaire et social, on en arrive au point critique — la prise de décision.

La prise de décision

C’est l’équipe médicale et professionnelle pluridisciplinaire qui peut seule enclencher le processus opératoire. À l’issue de la phase opératoire, elle prend l’un de ces trois décisions:

  1. La chirurgie n’est pas envisageable pour des raisons qui sont expliquées au patient. En ce cas, l’équipe propose un autre mode de prise en charge non chirurgical.
  2. La chirurgie est envisageable mais la préparation du patient est insuffisante. En ce cas, celui-ci doit s’engager dans un nouvelle période préparatoire au terme de laquelle son cas est réévalué.
  3. La chirurgie est envisageable et le patient est jugé physiquement et mentalement prêt(e) à la subir. En ce cas, on lui explique clairement le type d’intervention qui a été identifié comme le meilleure pour lui et on l’informe des risques et effets secondaires qui lui sont associés.

Cette fois, c’est au patient et à lui seul de prendre la décision finale. La date de l’intervention est alors déterminée en fonction des disponibilités des installations et de l’équipe chirurgicale.

1 Source consultée pour la phase préparatoire: Chirurgie de l’obésité: Ce qu’il faut savoir avant de se décider, Haute autorité de santé, France, 2009 (PDF, 480 Ko).
2 Pour plus de détails, consultez le guide d’alimentation du CCBM.

La chirurgie bariatrique regroupe un ensemble de techniques visant à réduire mécaniquement l’apport énergétique en modifiant l’anatomie du système digestif. Elle permet d’obtenir une réduction de poids allant jusqu’à 40% du poids initial et son efficacité est à peu près constante. Cette réduction pondérale diminue sensiblement la mortalité et les risques cardiovasculaires, diminue l’hypertension artérielle, améliore le bilan lipidique et la glycémie, permet la guérison d’un diabète pré-existant dans plus de trois-quart des cas et prévient même l’apparition d’un diabète de type II.

Les techniques bariatriques mettent en œuvre deux principes: la diminution de la quantité d’aliments consommée (principe de restriction) et la réduction de l’assimilation des aliments par l’organisme (principe de « malabsorption »). Les chirurgiens collaborant avec la Fondation Ronald-Denis réalisent principalement quatre types d’intervention:

Gastrectomie verticale

La gastrectomie verticale est une opération à visée restrictive. Elle se fait aisément par laparoscopie et avec très peu de risques. Elle consiste à enlever la partie externe de l’estomac en laissant un mince tube gastrique vertical qui ne peut contenir qu’une portion restreinte d’aliments. De plus, en enlevant le fundus, appelé aussi la grosse tubérosité gastrique, on se trouve à enlever une source de sécrétion d’hormones contrôlant la faim.

Bande gastrique ajustable

Il s’agit d’un anneau gastrique ajustable que l’on place autour de l’estomac par voie laparoscopique et qui diminue la contenance de l’estomac. Comme l’estomac accepte moins de nourriture, on consomme moins d’aliments et l’organisme puise dans ses propres réserves de graisse afin d’obtenir l’énergie dont il a besoin. Cette technique comporte un faible taux de risque de complications postopératoires.

Court-circuit gastrique

C’est une opération bariatrique majeure de type mixte: on diminue le volume de l’estomac et on y ajoute une dérivation vers le petit intestin afin d’acheminer la nourriture plus loin dans le tube digestif. Cette malabsorption des aliments entraîne une diminution de la quantité des nutriments absorbés ainsi qu’une perte de poids.

Dérivation bilio-pancréatique

Dans un premier temps, la résection de l’estomac de 50 à 60 % vise à diminuer l’acidité et non à empêcher les gens de manger, ce qui n’en fait pas une chirurgie restrictive à proprement parler. Par la suite, l’opération consiste à effectuer une dérivation des sécrétions de la bile et du pancréas pour causer une malabsorption. Le taux de succès atteint 85 %

Téléchargez le document Chirurgie bariatrique – Comment choisir la procédure la mieux adaptée à vos besoins (PDF, 10,4 Mo), par Ethicon Endo-Surgery, recommandé sur le site du Centre de chirurgie bariatrique de Montréal.

Une fois rentré à la maison, le patient reçoit le suivi médical et professionnel requis par son opération. Il s’agit de s’assurer que son évolution se passe bien, qu’il n’y ait pas de complication sévère et de veiller à ce qu’il ne se retrouve pas en situation de rechute.

Suivi chirurgical

Un ou plusieurs rendez-vous avec le chirurgien sont ainsi planifiés dans les mois suivant l’intervention et des examens de base, comme des prises de sang, sont réalisés afin de suivre l’évolution de son état de santé. Si tout est normal après quatre à six mois, le suivi est confié à l’infirmière qui effectuera un suivi au téléphone trois fois par année, dans un premier temps, puis deux fois et, enfin, une seule fois l’an par la suite.

Bien entendu, le patient peut entrer en contact avec l’équipe bariatrique en tout temps (voir plus bas). Si des complications surviennent, il sera immédiatement de nouveau pris en charge et dirigé vers les ressources adéquates.

Suivi nutritionnel

Le patient doit suivre un régime spécial, dit « postopératoire », pendant les cinq première semaines suivant son opération. Il se voit alors prescrire un régime, dit « normal » mais précis, qu’il devra suivre assidûment et aussi longtemps que nécessaire — voire tout au long de sa vie.

  • La capacité de l’estomac ayant diminué, il faut réduire la quantité de nourriture de chaque repas tout en rendant ceux-ci plus réguliers et en les complémentant au besoin de suppléments vitaminés.
  • La qualité des aliments et leur variété, telle que préconisée par le Guide alimentaire canadien, sont essentiels. L’équipe professionnelle guide bien entendu le patient en lui fournissant les conseils et la documentation nécessaires.

Chaque cas étant particulier, il est important que le patient soit à l’écoute de son corps et adapte son régime à ce qui lui convient le mieux.

Suivi psychologique

Lorsque la chirurgie bariatrique échoue, c’est souvent à cause de l’insuffisance de la prise en compte de facteurs psychologiques avant l’opération et, par la suite, d’une qualité de suivi psychologique déficiente. L’opération doit être en effet le point de départ d’une redéfinition de soi. C’est en arrivant à dominer ses pulsions et en réfléchissant sainement à ses stratégies pour manger moins que le patient devient l’acteur principal de sa guérison et non un spectateur passif, fragile et menacé par l’échec.

Ainsi, l’évaluation psychologique et psychiatrique qui est recommandée avant l’opération devra être prolongée par un suivi postopératoire. C’est particulièrement important lorsque des troubles du comportement alimentaire ou des maladies psychiatriques ont été identifiées avant l’opération. Sinon, ce type de suivi sera proposé au cas par cas.

Dans le cas d’un suivi systématique et de qualité, le psychiatre ayant procédé à l’évaluation préopératoire recevra le patient de deux à quatre reprises durant la première année, puis effectuera deux visites de contrôle durant la seconde année. Il s’agit de fournir au patient l’écoute et l’aide nécessaire pour faire face aux éventuelles difficultés psychologiques qu’il pourrait ressentir en raison de la chirurgie, de ses effets secondaires et des changements de perception et de comportement qui l’accompagnent.

Clinique de suivi

Les personnes ayant subi une intervention en chirurgie bariatrique appuyée par la Fondation Ronald-Denis ont accès aux cliniques de suivi de l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. Elles peuvent y rencontrer l’un des chirurgiens du Centre de chirurgie bariatrique pour y recevoir de l’information postopératoire ainsi que du soutien.

Pour aller plus loin

Lire Chirurgie de l’obésité : le suivi psychologique est la clé du succèseSanté (France), juin 2016.